mardi 15 novembre 2016

En vacances automnales dans les Cantons (2)

Suite du billet précédent sur les beautés de fin d'automne des Cantons de l'est.

Commençons par une de mes nouvelles lubies; les ponts couverts du Québec... J'en avais visité cinq au cours de l'été, de l'Estrie au Lac St-Jean en passant par la région de La Tuque et celle de Lanaudière, j'en ai visité quatre nouveaux en fin de semaine, dont celui-ci, près de Compton, et qui donne accès à ce qui est maintenant une presqu'île. Le pont Drouin a coûté 908,50$ à faire construire originalement.

La visite de celui-ci, situé sur un chemin de terre battue à l'est de Cookshire-Eaton, a été amusante, puisque les travailleurs affairés à la maintenance m'ont pris pour un ingénieur du ministère des transports!

Le pont de Milby offrait une vue spectaculaire dans la lumière d'automne.

Suze, au petit matin, non loin du Mont Pinacle, un nom de montagne qui rappelle l'univers de Contremont de Joël Champetier.

Dans la campagne près du village de Bury.

Œuvre d'art rural, sur un chemin de terre battue entre Baldwin Mills et Stanstead.

Petite église de bois de Stanstead, érigée 100 ans avant ma naissance.

Grande maison de Fitch Bay dont le toit est orné d'une sorcière!

Vue sur l'église de Fitch Bay, tranquillité garantie.
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dimanche 13 novembre 2016

En vacances automnales dans les Cantons (1)

Une fin de semaine de vacances dans les Cantons de l'est est le prétexte idéal pour un duo de billets-photos sur les paysages magnifiques qu'on y retrouve, même en fin d'automne.

Après mon été à visiter des ponts couverts, je n'ai pu résister à m'arrêter voir celui-ci en chemin (Cowansville).

Ancienne école (Knowlton).

Suze et deux chevaux locaux (ok, oui, c'est un tableau que j'ai tenté de transformer en trompe l'œil).

Ceux-là sont réels, je parle bien sûr des trois chevreuils, qui étaient fort attentifs à ma présence, d'où cette photo en plan éloigné dans la campagne le long du lac Brome.

Suze semble avoir besoin d'informations touristiques, mais nous sommes un peu hors saison, alors le tout petit kiosque des sentiers pédestres de Lakeside, à Knowlton est fermé.

Petite église en bois (Bolton-Centre).

La vue de notre résidence temporaire de vacances, quelque part entre Baldwin Mills et Stanhope.
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À suivre...

mercredi 9 novembre 2016

Univers parallèles

Chers amis auteurs et lecteurs de SF, j’ai une requête personnelle ce matin. J’aimerais que l’un de vous m’aide à trouver un tunnel, un trou de ver, un passage, une porte, peu importe la nature de la chose, qui me permettra de rejoindre l’autre univers parallèle qui s’est ouvert cette nuit. Je me suis réveillé par erreur dans le présent univers et j’apprécierais rentrer chez moi. Merci.

samedi 5 novembre 2016

L'ange de la rue King

Certains l'appellent l'ange de la rue King, d'autres l'ange à trois pattes. Officiellement, c'est Le Cénotaphe de Sherbrooke, un monument érigé à la mémoire des combattants de la première guerre mondiale, particulièrement les combattants sherbrookois.

On le retrouve au milieu de la rue King - grande artère qui traverse la ville de bout en bout - au centre-ville, à la hauteur de la rue de la Cathédrale, près de la petite église St-Patrick. Il représente un ange aux ailes déployées (souvent appelé une victoire) dominant trois soldats.

L'emplacement de l'ange de la rue King a aussi ceci de particulier qu'il surplombe directement l'abrupte pente de la rue à cet endroit, le plaçant dans une position donnant un effet dramatique sur le paysage urbain. Cet aspect n'a pas échappé à mon ami et écrivain Éric Gauthier, qui intègre l'endroit et son potentiel dramatique dans l'action de son dernier roman, La Grand mort de Mononc' Morbide. Après lecture du roman, la visite à l'ange de la rue King ne déçoit pas.

Le nom officiel du cénotaphe est "Le monument aux braves", mais pour ce visiteur-ci, il restera toujours l'ange de la ru King et on en voit ici une vue à contre-jour en fin d'après-midi , avec un éclairage qui souligne justement l'effet dramatique de son emplacement mais à partir de la partie basse de la pente.
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vendredi 4 novembre 2016

Quand on met en scène l'actualité un an d'avance

Quand ce genre de chose arrive, je repense toujours à l'irritation de mon amie l'écrivaine Élisabeth Vonarburg devant l'expression «la réalité dépasse la fiction»... Car cette semaine, j'ai vécu une situation personnelle inverse quand la réalité a rattrapé la fiction... ma fiction.
Je parle bien entendu de l'actualité concernant la liberté de presse, la liberté d'expression, l'espionnage étendu de journalistes au Québec par les corps policiers, et les liens entre le politique, la police, et les cibles de ces derniers, c'est-à-dire des journalistes d'enquête dénonçant ces liens et les abus policiers et politiques. En effet, ce ne sont pas les journalistes couvrant les faits divers, le sport ou les voyages qui ont été espionnés, mais bien les journalistes enquêtant fréquemment sur la police et le politique.
Or, même si la situation a l'air de surprendre tout le monde, c'est précisément un des ressorts que j'utilisais dans une nouvelle publiée à l'automne 2015, il y a à peine un an. Pour ceux qui n'ont pas lu ma nouvelle de politique-fiction (parue dans la revue Alibis 56), voici quelques notes pertinentes:

Ce texte, intitulé «Liberté d'oppression» a été publiée dans un numéro spécial dont la thématique était justement la liberté d'expression. J'y mettais en scène un journaliste québécois espionné par les services de polices. Ce journaliste (Maxime Laurendeau, personnage fictif) fait des enquêtes sur le profilage politique dans la police, sur divers politiciens ainsi que les liens entre la police et le politique et se voit suivi par les corps policiers (et même averti sans trop de subtilité que son travail dérangeait). Au point où il n'arrive plus à faire son travail et se sent menacé. Ce journaliste citait quelques collègues, dont Patrick Lagacé, par qui l'affaire de cette semaine a débuté et est sortie sur la place publique.

Pour vous donner une idée du ton de la nouvelle, en voici quelques extraits:

Les documents de ce dossier montrent les liens étroits entre le politique et la police. Les polices du Québec sont devenues des polices politiques. Lagacé, de La Presse, dispose d’un dossier considérable au sujet de la SQ et du pouvoir politique au Québec, duquel il a d’ailleurs publié plusieurs excellents articles. Il a aussi révélé les liens étroits entre la mairie de Montréal et le SPVM. 
Dans les deux cas, quelques documents (...) montrent également comment fonctionnent ces liens et comment le politique contrôle et oriente les axes d’opération des services de police – principalement les grandes enquêtes, ou encore l’absence de celles-ci. C’est la perte de contrôle partielle de ce lien qui a permis la création de l’UPAC et de la commission Charbonneau.

Les documents relatifs à ces deux organismes montrent toutefois comment ils ont évité toute implication des politiciens provinciaux dans leurs dossiers.

À un moment de la nouvelle, le journaliste (qui est aussi le narrateur de l'histoire), confie:

Je suis moi-même fiché par le SPVM. L’origine de ce profilage politique remonte aux manifestations de casseroles auxquelles je participais à l’occasion au coin de ma rue avec mes voisins vers la fin août 2012. Les policiers nous photographiaient tous. Avec les bases de données auxquelles ils ont accès et avec les outils informatiques à leur disposition, ils ont pu établir des fiches détaillées sur beaucoup de gens autrement «ordinaires» qui contestaient les positions des autorités politiques et bâtir ainsi une base de données de la dissidence locale.

Plus loin, il mentionne également:

On trouve également dans un sous-dossier les sondages d’opinion menés au Québec sur les questions de liberté d’expression entre 2012 et 2015. On note des incohérences majeures entre l’importance que l’on semble accorder à la question et l’appui aux mesures répressives engagées par les gouvernements locaux. L’argument principal que l’on découvre inévitablement est que les manifestants n’ont qu’à ne pas manifester s’ils ne veulent pas se retrouver fichés ou avec des problèmes juridiques. Comme l’a écrit Lagacé dans La Presse: «Les Nord-Coréens ont très bien compris cet argument, ils ne manifestent jamais.»

Je me souviens encore de mes discussions avec mon éditeur lors du travail sur la version finale de cette histoire, puisque cette nouvelle est certainement celle où nous avons le plus échangé sur le contenu, l'effet de réel, les emprunts au réel, et à quel point j'allais loin sur certains points. Dans son texte de présentation, il mentionne d'ailleurs subtilement qu'aller aussi loin pourrait être une forme d'oppression... envers le politique.

Or, dans son éditorial d'aujourd'hui (4 novembre) dans La Presse, intitulé «Refuser l'État policier», François Cardinal demande:

«Si les policiers piétinent aussi facilement la liberté de la presse, quels autres principes fondamentaux sont-ils prêts à défier pour récolter ce qu’ils cherchent ? Quels garde-fous abattraient-ils pour protéger leur organisation, pour se protéger entre eux?
Si les corps de police ont des liens aussi fréquents avec maires et ministres, quel est le niveau réel d’étanchéité entre la sphère politique et les forces policières ? Y a-t-il copinage, échanges ou pressions de l’État sur le policier, et vice-versa ?
Ces questions, seuls les plus désabusés se les posaient il y a quelques jours encore.»

Ceci n'est ni de la fiction ni de la paranoïa issue d'un groupuscule sur internet, mais bien dans l'éditorial d'un des plus importants journaux du Québec. (Qu'on vienne me dire que j'allais trop loin dans l'expression de ma fiction quand j'écrivais pour dénoncer l'impact de ce genre de dérives!)

Ce questionnement de l'éditorialiste en chef de La presse fait directement écho à un passage de la nouvelle...
Depuis le début des années 1980, on a ainsi assisté, sous les prétextes de l’économie, de la croissance et de la sécurité, à l’effritement quasi complet de la liberté d’expression des peuples, au profit d’une liberté d’oppression à la disposition des polices et des politiques et exercée contre ces peuples.
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jeudi 3 novembre 2016

Les magnifiques murales trompe l'œil du centre-ville de Sherbrooke

Ce billet - mon avant dernier sur ma visite à Sherbrooke - pourrait se passer de commentaires tant les photos parlent d'elles-mêmes... Je vais donc être bref dans mes interventions.

Vous me savez amateur d'art urbain et de murales en particulier... Celles aperçues à Sherbrooke ont ceci de spécial: la plupart sont des œuvres en trompe l'œil... J'en ai donc retenu quelques-unes pour ce billet, comme celle ci-haut, au bout de la rue Wellington, et sur laquelle les fins observateurs verront un héron.

Ces étagères de bibliothèque sont particulièrement spectaculaire, non? (Rue Frontenac).

Un détail du centre de l'étagère du bas issu de la murale de la photo précédente.

Autre détail de la même murale: la toute petite partie en bas à droite... C'est définitivement un travail de minutie!

Sur la rue Dufferin, coin Frontenac, non loin du bout de Wellington, cette splendide œuvre chorale historique.

Détail du bas d'un des immeubles illustré sur la murale de la photo précédente.

Autre détail de la même œuvre, on noteras les soucis du détail, justement, avec le chat, la corde à linge et les arbres intégrés dans la perspective d'entre deux édifices en trompe l'œil.

Partie d'un ensemble que je ne suis pas arrivé à photographier à ma satisfaction (un mélange d'angle, de trafic sur la rue, de mauvais éclairage et de lumière à contre-jour), j'ai capté cette amusante portion, ou le regard est attiré sur le garçon et son chien récalcitrant... Alors que l'on ne voit le chat qu'après coup.

Au croisement de la rue King et la rue Bowen sud, on retrouve un impressionnant dyptique, et on excusera l'éclairage d'une visite en fin d'après-midi d'automne dans un secteur à l'ombre. Autres murales chorale aux scènes et personnages historiques représentant deux époque sur différentes de la ville, les œuvres se retrouve de plus dans un parc brillamment aménagé pour l'occasion.

Détail d'une des murales de la photo précédente.

Autre détail, de l'autre murale.

Encore une fois, on notera la minutie de l'exécution et des petits détails comme la présence subtile du chat et de l'oiseau.

Le parc est aménagé de telle sorte qu'il permet de poursuivre la perspective en dehors du dessin en trompe l'œil, une opportunité de photo que je n'allais pas rater!
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Enfin, j'ai pu admirer quelques autres murales en ville, qui n'étaient pas des trompe l'œil, j'en ai capté plusieurs avec mon objectif, mais j'ai décidé de concentrer ce billet sur le spectacle spécifique des trompe l'œil de Sherbrooke. Notez qu'il y en a d'autres que celles-ci, dont une avec des personnages contemporains comme Jim Corcoran et Jean-Luc Mongrain (aucune bonne photo disponible)... J'ai aussi vu une carte en fin de journée, mais trop tard pour aller toutes les voir, mais cette découverte justifiait déjà un éventuel retour à Sherbrooke pour les admirer.
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vendredi 21 octobre 2016

Les grandioses édifices de la rue Wellington

Au centre-ville de Sherbrooke, nous avons parcouru la principale rue commerciale, la rue Wellington.

La première chose qui frappe sur la rue Wellington, c'est malheureusement le calme... Pour une grande avenue commerciale, c'était pas mal désert, même par un splendide samedi après-midi... On note toutefois avec plaisir de vieux édifices avec marquises et enseignes à l'ancienne, ce qui donne un charme particulier à l'endroit.

La plupart de ces immeubles semblent dater du début 20e siècle, et ont su conserver pour la grande majorité, une grandeur certaine.

Quelques détails architecturaux n'ont rien à envier aux édifices plus connus du vieux-Québec ou du vieux-Montréal.

Le théâtre Granada encore en activité offre une programmation variée ; en plus des Dead Obies, de Lisa LeBlanc et du Caboose Band, ils affichaient aussi un spectacle de Louis-Jean Cormier, et, quelques jours après cette photo, le mouvement politique "Faut qu'on se parle" y tenait une rencontre publique.

Autre magnifique immeuble, très élégant avec ses lucarnes et son toit de cuivre en mansarde.

L'hôtel de ville, tout au bout de Wellington - et que l'on voit ici à travers des couleurs automnales - est un grandiose édifice, qui ne rougirait pas devant plusieurs parlements régionaux. On notera de part et d'autres de l'escalier principal, des bannières demandant la libération de Raif Badawi, et proclamant celui-ci citoyen de Sherbrooke.

Enfin, dernier mais non le moindre, le "His majesty' building" (Ça ne s'invente pas), nous rappelle, comme le font également les noms de rue et quelques églises anglicanes, que Sherbrooke a aussi un riche passé et historique anglais.
Je n'avais pas remarqué, lors de mon premier passage, l'édifice de sa majesté (notez le masculin, indiquant que l'immeuble date de l'époque de George VI), mais j'en avais capté l'entrée de côté, en dérobé:

On ne peut donc que déplorer l'absence d'une foule de passants et d'activités sur Wellington, sans trop comprendre pourquoi les gens préfèrent les centres commerciaux tout aussi banal et semblables les uns que les autres à une rue aussi distinctive que charmante. Heureusement, il y a sur Wellington encore plusieurs commerces, dont une bonne partie de beaux commerces locaux et indépendants, ce qui donne espoir pour le futur de cette rue à ne pas manquer si vous passez par Sherbrooke.
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